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Mise en scène

Marc-Antoine CLERET
Marc-Antoine début le théâtre en 2006 en interprétant le rôle de Jeeves dans une comédie de Wodehouse, La Vie de château. Pour ce rôle il obtint le prix du meilleur comédien au festival de l’INT d’Evry. L’année suivante, il écrit et met en scène une comédie policière, Mauvais Soir, qui sera jouée notamment à Reims et à Paris. Après un passage par le Cours Florent, il rejoint la Compagnie de l’Arme blanche en 2010 pour interpréter le roi Claudius dans Hamlet de Shakespeare (mis en scène par Adil Laboudi), puis joue successivement les rôles du Papet dans Manon des sources de Pagnol (mis en scène par Céline Mas), de Mathieu/Madame de Mertheuil dans Nos mœurs inconséquentes (adapté des Liaisons dangereuses par Jean-Rémi Girard), de Barbu dans Les Candidats (créé par Arnaud Kenigsberg) et de Clitandre dans George Dandin de Molière (mis en scène par Victoire Vasselle). En parallèle de ses activités de comédien, il met en scène Un chapeau de paille d’Italie de Labiche en 2015 et assiste Maïlys Levasseur pour Cendrillon de Pommerat en 2016. Il poursuit cette année en choisissant de monter Toâ de Sacha Guitry.


Intention de mise en scène
« Le Théâtre et l’Amour se partagent ma vie – et d’ailleurs à mes yeux l’un ne va pas sans l’autre »…

Cette phrase prononcée par Michel Desnoyers (alias Sacha Guitry) dans l’Acte III résume bien l’argument de Toâ, une pièce inspirée de la propre vie de l’auteur.
Le théâtre et l’amour... L’amour et le théâtre... Deux thématiques fortes, quasi-obsessionnelles, de Guitry, qui sont ici poussées à leur paroxysme. Tout « Toâ » tient en ces mots : le Théâtre et l’Amour.

J’ai découvert ce texte presque par hasard en septembre 2016, alors que je cherchais une comédie originale et différente à mettre en scène, intrigué d’abord par le titre, très court, choc, visuel. Très vite à la lecture, j’ai été séduit et j’ai eu envie de faire découvrir au public ce texte peu connu.

Ce qui m’a plu dans Toâ, c’est avant tout l’intrigue et ses multiples retournements de situation. Ces « twists » quasi-mécanisés m’ont marqué dès la première lecture, en particulier le démarrage de la pièce sur une violente rupture, le surprenant Acte II et le dénouement final inattendu. Ces surprises rythment une intrigue écrite comme une enquête policière, avec ses moments de calme et ses accélérations jusqu’à la révélation ultime. Pendant l’essentiel de la pièce le public partage sur l’action le point de vue d’Ecaterina et, comme elle, se laisse alternativement surprendre, attendrir, ou attrister par le déroulement des événements. C’est la première chose que je veux faire ressortir sur scène : le suspense du texte.

Ce qui m’a plu ensuite, c’est l’univers de la pièce, classe et chic. L’action se situe dans le bureau luxueux d’un auteur de théâtre au début des années 50, une sorte d’alcôve feutrée. Les personnages, malgré leur diversité de tempéraments, sont tous élégants, vivants et joueurs. Nous préserverons cette élégance parisienne à l’ancienne sur scène, que ce soit dans les décors, les costumes, ou le jeu des comédiens. Le visuel de la pièce, sur scène comme dans l’affiche, empruntera aux codes du théâtre, avec des couleurs à dominante rouge, noir, blanc et or.

Ce qui m’a plu enfin, c’est bien sûr l’écriture de Guitry, fine, subtile, et pleine d’esprit. Comment ne pas être charmé par l’élégance de sa plume, par la justesse de ses bons mots ? Comme l’auteur ne manque pas de le rappeler lui-même, Toâ est avant tout une comédie sans prétention. Faire rire le spectateur, mais en finesse, sera donc une autre des obsessions de ma mise en scène.

Toâ possède enfin une particularité : pour étayer son propos, l’auteur manie ici le théâtre dans le théâtre. Je désire pousser cette particularité à l’extrême pour surprendre le public, rajouter en quelque sorte une « 3ème dimension ». J’ai envie que la pièce commence pour le spectateur dès l’entrée dans le théâtre, dès le seuil de la porte, dès le retrait des tickets, avec la présence de « comédiens salle » qui pourront jouer certains rôles avant la pièce et aux entractes. Mais chut !... Cela c’est une surprise !
Marc-Antoine